Projet Bradbury #07 - Le Dernier Vote

Tout d'abord, je vous souhaite à tous une très bonne année 2018. J'espère qu'elle sera pleine de projet, de débats, de questions, et d'aventures.

Comme promis voici donc la suite de Propagande. Comme il faut quand même que ça reste des nouvelles et pas une chronique en quinze tomes, j'ai fait une petite ellipse d'une vingtaine d'année entre les deux. Finalement je pense qu'il n'y aura pas de préquel, j'ai un peu changé d'avis en écrivant celle-ci. C'est probablement pas la dernière fois que j'annonce des choses qui n'auront pas lieu… l'univers se construisant au fur et à mesure que j'écris, bah des fois y'a des sables mouvants.

Et pour lire tout ça sous la forme que vous voulez :

Bonne lecture ! :)

Le Dernier Vote

Époque: U-1 / An 2285 / 31 décembre

 

A-ia remontait lentement à la conscience. Elle essayait de percevoir les bruits avant d'ouvrir les yeux. Ces petits bruits produits par l'électronique et la mécanique du vaisseau spatial qui donnaient l'impression qu'il était vivant. Lorsqu'elle fût pleinement réveillée elle commença les exercices de sortie d'hibernation. Le cœur repartait tout seul mais le reste du corps avait plus de mal à suivre. Elle intensifia petit à petit sa respiration réduite au strict minimum pendant les six derniers mois. Ensuite elle fit bouger sa langue, ses lèvres et les muscles fasciaux. À ce stade elle pris une gorgée d'eau au biberon accroché au dessus d'elle et l'avala très lentement. Elle en prendrait une deuxième dans quelques minutes pour relancer petit à petit le système digestif. Ensuite seulement elle commencerait à contracter délicatement tous ses muscles, un par un. La procédure complète prenait deux jours. Le seul muscle qui était complètement actif dès le réveil était le cerveau. A-ia avait suivi un entrainement de plus d'un an pour apprendre à sortir d'hibernation le plus lentement possible car il fallait empêcher le corps qui se croyait mourant d'envoyer de violentes décharges d'adrénaline qui pouvaient, dans le pire des cas, provoquer la mort. Bien que clandestin, cet entrainement avait porté ses fruits puisqu'elle commençait maintenant à sentir ses doigts remuer.

Pendant les deux jours de réveil elle eu le temps de répéter mentalement le plan d'action prévu, et de lui trouver beaucoup de failles. Ils avaient dû faire de nombreuses hypothèses en préparant leur mission et elle-même avait l'impression que beaucoup trop de choses pouvaient mal tourner. Mais le vaisseau était en orbite autour de Mars et il n'était plus question de reculer. Elle sortit du caisson d'hibernation et tatonna dans le noir pour trouver son sac d'équipement posé près d'elle et en sortir une lampe. Elle devait maintenant se rendre au point de rendez-vous dans les entrepots. Elle avança lentement dans les couloirs. A-ia savait que le vaisseau était désert mais sa lumière faisait danser des ombres et elle sursautait à chaque croisement. Elle fut la première arrivée et commença immédiatement à fouiller l'entrepôt pour y trouver les caisses de vivres. Elle sursauta violamment lorsque la porte de l'entrepot s'ouvrit.

— Pfiou, je suis toujours pas convaincu que ça valait le coup de se mettre en hibernation pour six mois de trajet. Franchement, on en aurait peut-être eu un peu marre de jouer à la belote mais, un an d'entraînement, deux jours à se tourner les pouces, virtuellement parce que tes pouces peuvent pas encore bouger, juste pour s'éviter six mois de glandouille.

— 'Milio, tu sais très bien pourquoi on ne pouvait pas rester réveillés, il aurait fallu…

— … emporter beaucoup plus de rations, mettre en route le chauffage, ça se serait vu dans le chargement de bord. Le vaisseau n'est pas sensé transporter d'êtres humains, seulement le ravitaillement pour les stations minières, etc, etc. Je sais A-ia, c'était une blague.

— En parlant de chauffage, dépêche-toi de négocier avec le sairvo du bord pour nous le rallumer. Ces combinaisons tiennent chaud mais j'aimerai pouvoir changer de sous-vêtements et vu qu'il fait moins quatre-vingt six degrés…

Lorsqu'Ëtelle les rejoignit, ils commençèrent leurs préparatifs pour descendre à la surface. Le vaisseau passerait au dessus de leur point d'aterrissage dans trois jours et ils devaient mettre ce temps à profit pour préparer une navette de descente avec tout l'équipement dont ils auraient besoin, ravitaillement compris. Le soir du premier jour, ils avaient réussi à pirater les sytèmes du vaisseau. Ils avaient donc de la lumière en plus du chauffage et même de quoi se laver, le grand luxe. Ils avaient également accès, par intermitence, au système de communication et purent avoir un aperçu des infos terrestres. Évidemment, le projet Omniscience était sur tous les canaux.

Et maintenant, nous interviewons Lou"a Dourdan, présidente d'Energía Corporación et principale opposante au projet Omniscience :

— Lou"a, vous vous opposez au projet Omniscience, mais vous devez bien convenir qu'il n'est plus possible d'organiser des votes universels. Le dernier s'est soldé par une quasi-guerre en Himalaya et tellement de publicité partout qu'on pouvait à peine dormir sans avoir des slogans dans les oreilles. Il est évident que les gens ne peuvent pas voter de façon lucide de cette manière.

— Je suis consciente des écueils. Vous le savez Energía Corporación a elle-même été impliquée dans le premier vote universel et je ne nie pas la responsabilité de mon entreprise dans la propagande mise en place à l'époque et qui n'a malheureusement pas faibli depuis. Et pourtant je pense aussi qu'à chaque fois, toutes les parties prenantes ont fait un travail d'information formidable. Vous noterez également, que malgré notre travail, le résultat du premier vote a donné raison aux écologistes, preuve que les multinationales n'ont pas tout pouvoir.

— Oui, enfin cela ne vous a pas empêcher de faire grandir votre entreprise.

— C'est certain, il y a des choses à revoir sur la façon d'organiser ces votes. En revanche, je suis contre le fait de confier des décisions d'importance à une intelligence artificielle.

— Mais vous devez convenir qu'aucun être humain n'est capable de prendre en compte tous les paramètres et d'envisager toutes les conséquences de décisions au niveau mondial.

— Le devoir d'une IA est justement de traiter les informations pour les rendre accessibles, mais la décision doit revenir aux humains qui sont les premiers concernés.

— Justement, ils ne sont pas impartiaux, contrairement à l'IA.

A-ia coupa la communication. Elle connaissait le discours des journalistes par cœur. Et, si elle voyait en Lou"a une ennemie honorable quand elle parlait écologie, elle la trouvait bien naïve vis à vis du projet Omniscience. Même présidente d'Energía Corporación, elle n'avait aucun pouvoir par rapport aux géants de l'intelligence artificielle. Elle pouvait bien être sur tous les réseaux, le Comité Ejecutivo Mundial avait tous les pouvoirs, et était aux ordres de d'IA-SC et compagnies.

 

Leur vaisseau était un cargo de ravitaillement entièrement automatisé. Ils avaient réussi à pirater une navette de descente mais ils devraient s'insérer dans le flot de déchargement pour ne pas attirer l'attention. Les stations minières de Mars étaient quasiment autonomes. Le personnel humain servait uniquement à faire un peu de maintenance et était composé essentiellement d'indésirables. Ce qui était bien parce qu'il n'y aurait personne pour s'étonner de leur présence du moment qu'ils restaient hors des zones controlées par les systèmes de surveillance automatiques. L'autre avantage est qu'il y avait des galeries minières en quantité qui leur permettraient de circuler sans être repérés par les satellites d'observation. La plupart des galeries étaient protégées des radiations et pressurisées avec une atmosphère presque respirable et de simples masques à oxygène leur suffisaient.

Cependant, au bout de quatre jours à errer dans les souterrains, l'avantage leur paraissait de plus en plus mince. Les galeries, si elles étaient effectivement pressurisées, n'étaient pas éclairées et pas toujours taillées à la hauteur d'êtres humains. Ils s'étaient serrés autour d'une cantine robotisée essayant d'oublier les grondements des machines d'excavation et les ombres furtives qu'ils voyaient parfois s'enfuir dans les couloirs. Ils attendaient que les rations liophilisées soient prêtes.

— Ëtelle, tu veux pas lâcher ce communic' et venir manger. Tu n'as réussi à capter la Terre qu'une fois depuis qu'on est au sol, on n'est peut-être plus à quelques minutes près.

— Attends j'ai quelque chose.

Lou"a Dourdan est sortie hier soir après trois jours de garde à vue. Elle avait été incarcérée pour ses propos diffamatoires à l'encontre du Comité Ejecutivo Mundial. Elle a déclaré que, si ses paroles avaient dépassé sa pensée, sur le fond, elle considérait toujours que le CEM avait bien trop de pouvoir à l'heure actuelle. Elle a appelé à une grande manifestation devant le siège du Comité le trente janvier, la veille du olancement de l'IA Omniscience. « Le trente janvier sera le jour du dernier vote. Depuis vingt-deux ans, l'humanité fait elle-même ses choix. C'est une première dans son histoire. Évidemment que tout n'est pas parfait, nous apprenons à marcher, nous trébuchons. Mais le CEM est un organe exécutif. Il n'a pas le pouvoir de décision et encore moins celui de confier les décisions en question, qui concernent rappelons-le l'avenir de l'humanité, à une IA. Puisque le CEM ne veut pas le faire, je propose donc d'organiser nous-même un vote pour répondre à cette question : « Doit-on confier le gouvernement des populations humaines de la Terre et des colonies à une IA, omnisciente ou pas ? ». J'invite chacun à organiser un vote dans sa communauté et j'invite également tous ceux qui le peuvent à se rendre devant le siège du CEM le trente janvier pour porter notre voix ». Voilà les derniers mots de Lou"a Dourdan avant qu'elle ne soit emmenée dans sa résidence des Açores où elle devra rester jusqu'à son procès.

A-ia mangeait ses rations sans les voir. C'était très bien l'idée de Lou"a mais ça ne servirait à rien. Elles avaient des idées opposées sur l'écologie planétaire, mais cela faisait vingt-deux ans qu'elles essayaient toutes les deux de rendre le processus du vote universel plus démocratique, de ne pas reproduire les erreurs du premier vote. Et cela faisait vingt-deux ans, qu'implacablement, l'idée progressait que les humains étaient incapables de prendre la bonne décision. Elle n'en pouvait plus de ces galeries sombres, de respirer dans un masque en permanence et de bouffer du lyophilisé. Il fallait des heures chaque jour à leur extracteur pour obtenir les deux ou trois litres d'eau nécessaires à leur survie. Chaque pas les rapprochait de leur but mais faisait douter A-ia. Est-ce que les ordinateurs étaient bien là ? Vu d'ici ça paraissait complètement idiot. Alors que IA-SC possédait sûrement des lieux bien gardés sur Terre, pourquoi aller s'enterrer sur Mars. En même temps, c'était tellement révoltant comme idée que ça ne pouvait qu'être vrai. Alors qu'ils assuraient à tout le monde, que les serveurs étaient libres et le code ouvert ; les machines étaient sur une autre planète, inaccessibles, aucune vérification n'était possible. Et IA-SC n'était pour le moins pas transparent sur l'emplacement du matériel, au prétexte de sécurité. Un bon prétexte, la sécurité.

 

Au bout du sixième jour sous terre, ils atteignirent une zone qui ne ressemblait plus du tout à une exploitation minière. On aurait plutôt dit un laboratoire où les chercheurs auraient été des machines nictalopes. C'était idiot mais A-ia s'était attendue à quelque chose de plus … lumineux. Les robots n'avaient certes pas besoin de lumière mais quand même. Il y avait des milliards de crédits de matériel haut de gamme, résultat de plusieurs années de recherche, là derrière, probablement ce que l'humain et la machine réunis pouvaient produire de plus sophistiqué. Elle trouvait que ça aurait mérité un éclairage, un truc un peu grandiose.

A-ia se reprit, elle s'apprêtait à tout faire sauter, qu'il y ait de l'éclairage ou non n'était pas très important. C'était au tour de 'Milio de passer à l'action. Il fallait pirater le système de protection. Ils n'avaient pu emmener que six têtes nucléaires miniaturisées et, s'ils voulaient s'assurer que rien ne serait récupérable, ils allaient devoir les placer au cœur du sytème. Après cinq heures à dicter des commandes à son sairvo 'Milio annonça qu'ils pouvaient entrer. Par contre, il avait obtenu un plan et l'installation faisait plus de trois kilomètres de long sur quelques cinq cents mètres de large et trente de profondeur. Ils allaient devoir répartir les charges explosives dans les différents souterrains. Chacun allait prendre deux zones. A-ia n'aimait pas l'idée de se séparer. Le lieu l'oppressait. Quelques LEDs clignotaient qui faisaient comme des yeux dans le noir, et de temps en temps, le bruit des bras robotisés qui assemblaient les cartes électroniques. C'était totalement inhumain et pourtant elle se sentait surveillée.

A-ia prit deux bombes et s'engagea dans un couloir. Ce n'était que rangées sur rangées de blocs noirs, remplis d'électronique. Elle avança une bonne vingtaine de minutes jusqu'à arriver à un carrefour. D'après son plan elle était suffisamment au centre de l'installation pour faire de gros dégats. Elle posa sa charge et repartit. Elle devait ensuite aller jusqu'à une zone de fabrication pour empêcher l'IA de se régénérer après l'explosion. Ils espéraient que celle-ci serait assez forte pour faire fondre une partie de la glace carbonique du pôle de Mars qui leur servait de toit mais, même sans ça, ils devaient assurer que la reconstruction d'une autre IA prendrait plusieurs années. A-ia était en train de faire le branchement quand d'un coup la salle s'illumina et une voix sortit des murs.

Ici Lou"a Dourdan, je m'adresse aux trois personnes qui sont actuellement dans la salle de l'IA Omniscience. Vous avez été repérés par le système de surveillance et à l'heure qu'il est toute la Terre vous regarde. Bien sûr, nous sommes trop loin pour intervenir. Cependant je vous demande de ne pas mettre votre plan à exécution. Vous le savez si vous m'avez un peu écouté, nous sommes du même bord. Je pense comme vous que ce projet ne dois pas voir le jour. Mais si vous détruisez maintenant cette infrastructure, vous détruisez en même temps toute l'estime que peut avoir notre cause chez les populations de la Terre. Faire acte de violence n'est pas la solution. C'est anti-démocratique et sur le long terme cela ne nous servira à rien. Vous savez qu'une action mondiale est organisée pour le trente janvier, A-ia, si c'est toi ? mais c'est forcément toi, je te demande au moins d'attendre jusque-là. Les conséquences seraient terribles si…

La lumière s'éteignit de nouveau. A-ia s'était arrêtée. Attendre quelques jours ? Pourquoi pas ? Elle n'était pas sure qu'ils aient assez de vivres… Non s'ils devaient faire exploser Omniscience, ils devaient le faire maintenant. Bien sûr que les conséquences seraient terribles. Il était probable que les quelques humains présents dans les mines pour l'entretien des robots ne puissent plus jamais en sortir. Il était certain que le pôle sud de Mars resterait radioactif très longtemps. Dire qu'elle s'était battue une bonne partie de sa vie contre l'utilisation du nucléaire sur Terre… Mais que faire d'autre ? Omniscience, rien que le nom du projet lui donnait des sueurs froides. A-ia essayait maintenant de tout terminer au plus vite, elle voulait sortir de là. Ses gestes devenaient fébriles et elle failli plusieurs fois se tromper dans la programmation de la bombe. Lorsqu'elle eut finit, elle rejoignit les deux autres à l'extérieur et ils reprirent leur navette pour rejoindre le vaisseau. Ils regardèrent un moment la montagne de glace qui cachait la plus puissante intelligence artificielle fabriquée par l'homme. A-ia avait ouvert son sairvo et tapait la séquence qui déclencherait l'explosion. Elle regarda son écran, le geste suspendu. Durant une éternité elle resta là, l'esprit vide, regardant le vide au dessus d'elle. L'humanité n'irait pas mieux après son geste. Les gens n'apprendraient pas magiquement à éviter la propagande, personne ne prendrait jamais la bonne décision … mais ce serait notre décision.

FIN

Author: Marianne Profeta

Created: 2018-01-04 jeu. 22:27

License CC-BY-SA

Emacs 24.4.1 (Org mode 8.2.10)

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Mlle Ellute

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