Projet Bradbury #06 - Propagande

La semaine dernière j'ai regardé une émission de Hors-Série qui s'appelait :  La démocratie directe, une chimère ? (http://www.hors-serie.net/Aux-Sources/2017-11-11/La-democratie-directe-une-chimere--id272). Comme son nom l'indique ça parlait de démocratie directe, est-ce que c'est possible ou pas, à l'échelle mondiale ou locale ? Et ça m'a fait pas mal réfléchir. Qu'est-ce que la démocratier ? est-ce que c'est que tout le monde puisse voter sur tout ? Ou autre chose ? Bref, je pense qu'il y aura dans les prochaines nouvelles pas mal de réflexions autour de ça. C'est donc la première d'une série que je vous livre aujourd'hui.  Et, du coup c'est logique, le ton est un peu plus à la réflexion qu'à l'action.

Avant de regarder cette émission j'étais un peu prises de doutes, est-ce que " j'avance" en écrivant ces nouvelles. M. Ounim m'a reboostée et convaincue qu'il fallait que j'écrive régulièrement et que petit à petit j'allais creuser plus à fond les questions qui me tarabustent, entre autres : peut-on vivre en paix avec les machines ? J'ai donc décider de me fixer un rythme d'écriture régulier : ce sera donc une nouvelle toutes les deux semaines, le jeudi. Toutes les deux semaines, parce qu'une semaine c'est trop court... et le jeudi, parce que ça ma paraissait bien :-) Alors avec les vacances, je sais pas ce ça va donner, surtout que j'ai oublié le chargeur de mon ordinateur à a la maison mais je vais quand même essayer de vous faire un petit cadeau pour Noël !

Sur ce, pdf et e-pub en lien à la fin, licence CC-BY-SA, bonne lecture, tout ça, comme d'hab quoi :-)

Propagande

— Salut A-ia, à demain !
— Bonne nuit !
— Reposez-vous bien, demain on reprend à huit heures.
— Tchaô.
 

A-ia monta dans la rame de l'Airtram alors que les dernières salutations se perdaient dans la nuit. Pendant les quatre stations qui la séparaient de chez elle, elle déplia l'écran de son sairvo mais lorsque la voix annonça son arrêt elle s'était contenté de regarder fixement les graphiques affichés devant elle, son esprit perdu ailleurs. Ce matin, le Comité Ejecutivo Mundial avait enfin donné une date : le 13 novembre 2264 serait le jour du premier référendum universel. Une vision assez égocentrique de l'universalité puisqu'en fait d'universel, ne voteraient que les êtres humains de la planète terre, de la colonie lunaire et des quelques stations orbitant autour de Mars et Venus. Si d'autres êtres vivants terrestres étaient intéressés, leur avis, en revanche, n'intéressait personne. Sans parler d'hypothétiques extraterrestres, mais dans la mesure où on était incapable de les contacter ça pouvait se comprendre. A-ia ne savait pas pourquoi il avait fallu un mois au CEM pour fixer une date. Certes il fallait un délai non négligeable pour organiser un tel vote, mais après la date exacte était parfaitement arbitraire. A-ia, comme le reste des membres de New Ecology, avaient passé la journée en réunion de crise car dans un peu moins d'un an, et pour la première fois de l'histoire, l'humanité entière se prononcerait pour répondre à une seule et même question.

L'humanité doit-elle réduire sa production d'énergie ?

Si oui :

De combien doit être la réduction ? Entrez une valeur comprise entre 0.5 et 1.

À qui, en priorité, doit aller l'énergie produite restante ? Choisir parmis la liste des 342 populations ci-dessous.

Dans tous les cas :

Quel mode de production d'énergie faut-il favoriser ? Choisir parmis la liste déroulante ci-dessous.

Lou"a regardait le mur où la question, telle qu'elle avait été posée par le CEM, brillait en quatre mètres par trois, lettres noires sur fond bleu pastel. La salle de direction de Energía Corporación s'était vidée peu après l'annonce. Chacun savait ce qu'il avait à faire. Mais Lou"a se sentait paralysée par la quantité de travail. Un an. Elle et son équipe de com' avaient moins d'un an pour convaincre l'humanité que la quantité d'énergie produite n'était pas le problème et que l'humanité, si elle voulait progresser, aurait toujours besoin d'énergie. D'énergie renouvelable, propre, mais d'énergie quand même, si possible produite par Energía Corporación. Elle trouvait que le référendum arrivait bien trop tôt après La montée des eaux. À peine cinquante ans plus tard, la catastrophe environnementale était encore un traumatisme dans les esprits et le vote paraissait joué d'avance. Elle allait devoir convaincre et ça allait être un travail de longue haleine.

Dès le lendemain, Lou"a avait organisé une conférence avec son équipe dans une salle de réunion virtuelle, choisie pour paraître naturelle. Une prairie avec une forêt en arrière plan et des montagnes au loin, quelques bêtes sauvages qui passaient d'un côté, rien qui puisse rappeler à ses collaborateurs que la nature était plutôt fragile. Les idées avaient fusé. La première action de tout le monde serait de collecter des données : la consommation d'énergie par habitant sur les cinq cents dernières années, en fonction du pays, du niveau de vie, de l'environnement, campagne, ville, etc. Il fallait qu'ils puissent analyser en détail ce dont chaque humain avait besoin. Bien sûr les industries avaient évolué dans le temps, il faudrait éliminer des statistiques, celles qui étaient obsolètes comme la production de voiture à essence. Les centres de calculs de Energía Corporación allaient chauffer dans les mois à venir.

En un mois de travail, ils avaient récolté une quantité astronomique de données. Elle n'aurait pas cru que c'était possible mais l'ère numérique avait une mémoire. Et une sacrément bonne mémoire en plus. Ils avaient maintenant, dans leur datumcentro, tout ce qui concernait la production, la consommation et la dissipation d'énergie par l'humanité depuis les années 2000. Deux cent soixante ans d'histoire de l'énergie contenus dans une salle de la taille de sa chambre. A-ia était admirative. Elle aurait aimé avoir aussi des informations sur l'ère pré-numérique mais c'était déjà un sacré travail pour des bénévoles associatifs. Ils n'avaient pas derrière eux, la force de frappe des grandes compagnies de l'énergie. Maintenant il allait falloir sortir quelque chose d'exploitable de ces données. Elle avait besoin de Marcus.

— Marcus ? Tu es quelque part ?
— Yep, toujours quand tu m'appelles ! Sympa ton nouvel avatar, un peu trop guerrier à mon goût mais stylé.
— J'ai besoin de me donner cette image de combatante si je veux y arriver. Tu te rends pas compte que si on perd ce vote, on s'embarque pour des années, peut-être des siècle d'exploitation des mines de Mars et d'ailleurs, sans aucune maîtrise des conséquences.
— Oui oui, je suis au courant tu sais, mais je ne vois quand même pas bien à quoi te sers l'épée, tu comptes découper tes opposants en petits morceaux ?
— Très drôle… Écoute, j'ai besoin de toi. On a récupéré toutes les données qu'on a pu, maintenant il nous faut une IA pour les analyser et nous en sortir quelque chose d'exploitable.
— Ok mais j'y gagne quoi ? Je vis pas de l'air du temps moi.
— 100 000 .
— Quoi ? Mais avec ça, on peut bosser à dix pendant les dix prochaines années.
— Je préfèrerais que vous soyez cent pendant l'année qui vient si tu penses pouvoir me trouver ça ? Tout au black et pas de fuites !
— Je vais m'arranger.
 

Comme ils représentaient la population la plus importante, Lou"a avait décidé de travailler d'abord sur les communications à destinations des Indiens. Elle commença donc à sortir des analyses sur les consommations énergétiques de la fédération des Indes et de la chaîne himalayenne. Elle essaya de se poser honnêtement la question de savoir quels étaient les postes énergétiques dont on pouvait se passer. Le développement de la chaîne Himalayenne était évidemment le poste principal. Faire vivre des populations à ces altitudes nécessitait une quantité d'énergie astronomique, rien que pour le transport. Que devait-on dire à ces gens ? « Désolé vous ne pouvez pas vivre ici ! Merci de vous déplacer dans un endroit plus hospitalier ». Ce genre d'exemple la convainquait un peu plus que, si risque climatique il y avait, la solution n'était pas dans la baisse de la production énergétique.

Et puis, elle était mal à l'aise avec la façon dont le CEM avait choisi de poser la question. Elle trouvait profondément injuste d'accorder la priorité à certaines populations. Elle aurait préféré que la question soit posée en terme d'usage. Évidemment qu'il fallait de l'énergie pour les hôpitaux et les écoles, quel que soit l'endroit. Et l'association de l'homme et de la machine pouvait créer tellement de choses. Rien qu'en regardant l'équipe de développeurs qui travaillaient dans la grande salle d'Energía Corporación, elle trouvait ça beau. La salle ressemblait à une fourmillière mais d'une époque où les fourmis auraient inventé la LED. À eux tous, ils allaient créer le plus grand centre d'information de l'histoire de l'humanité. Et c'est ça qui était en péril, car les machines avaient besoin d'énergie.

Le système de restitution de l'IA développée par Marcus était impressionnant. Il avait créé un espace virtuel où elle et son équipe pouvait se balader, et visualiser instantanément les données qu'ils demandaient sous des formes assez variées. Il y avait un arbre dont la couleur des feuilles pouvait représenter une valeur ou encore un aquarium dont les poissons s'organisaient par couleur pour représenter l'information voulue. A-ia s'amusa une bonne journée dans ces paysages virtuels. Telle une paysagiste, elle créa trois jardins où les gens pourraient venir se renseigner : l'un présentait les données du dérèglement climatique précédent et l'autre le gaspillage d'énergie actuel. Une allée reliant les deux, montrait les similarités entre les situations passée et présente. Un troisième jardin permettait de voir des informations sur les besoins en énergie des différentes populations proposées au vote.

Dès que les jardins furent prêts, elle envoya ses équipes à travers le monde pour diffuser l'information. Elle-mème partit pour l'Inde. Elle aimait ce pays et ces gens et elle se sentait à l'aise dans le travail de terrain. Aller voir les gens, leur parler, commencer par expliquer qu'il était important de voter, et ensuite proposer de s'informer et les emmener dans ses jardins. Une rencontre la marqua particulièrement. Un homme d'une quarantaine d'année à qui elle avait dû installer une microborne satellite pour que son sairvo puisse se connecter au Réseau. Elle lui fit visiter ses trois jardins. Alors qu'il s'extasiait sur la beauté des fleurs elle lui expliqua qu'il s'agissait en fait d'informations.

— Mais d'informations venant d'où ? fût sa première question.
— Et bien tous les bénévoles de New Ecology ont travaillé pendant des mois à rassembler ces données un peu partout, dans les archives des instituts mondiaux par exemple, ou des gouvernements. Tout a été récupéré de façon légale si c'est ça qui vous inquiète. Après nous avons trié, recoupé les informations pour ne présenter que des faits établis.
— Donc vous ne présentez pas ici toutes les informations que vous avez ?
— Ah non pas tout. Vous vous rendez-compte, ce serait énorme !
— Mais alors sur quel critère avez-vous fait vos choix ?
— Et bien nous avons essayé de ne garder que ce qui était pertinent pour le vote.
— Mais c'est subjectif « pertinent » madame. Qu'est-ce qui vous dit que vous n'avez pas fait d'erreurs ? Ou que vous n'avez pas, consciemment ou non, occulté des données d'importance parce qu'elles ne cadraient pas avec votre vision du monde ? Votre jardin est beau, mais j'irai aussi visiter des forêts plus sauvages je pense.
 

Lou"a était épuisée. Au départ elle avait été assez fière de son système d'agoras. Avec la puissance des serveurs qu'elle avait derrière elle, elle avait pu ouvrir plusieurs milliers d'espaces virtuels de discussion. Ouverts à tous, chaque espace avait en son centre, une immense balance qui indiquait de quel côté penchaient les gens qui participaient à cet espace. On voyait ainsi évoluer la tendance au fur à mesure des débats. Bien sûr l'équipe de Lou"a était chargée de publier dans tous ces espaces les informations qu'elle jugeait pertinentes. Sauf qu'évidemment d'autres s'étaient emparés des agoras et y ajoutaient leurs infos. C'était le jeu mais ces derniers temps ils devenaient très présents et des rumeurs inquiétantes circulaient. Elle décida donc d'aller voir par elle-même. Dans les deux premières qu'elle visita, des débats étaient en cours, argumentés de chaque côté par les données mises à disposition. Et, entre les siennes et celles fournies en abondance par leur principal opposant, New Ecology, il y avait de quoi discuter.

C'est à la cinquième agora qu'elle reçu le premier choc. Elle entra sur la place pour y trouver un panneau de cinq mètres de haut représentant des cadavres boursouflés. Passé le choc de cette première image, elle pu voir sous le panneau une foule de personnes qui brandissaient des pancartes présentant toutes des corps abîmés, torturés. Elle mit un moment à comprendre que c'était des images prises pendant la montée des eaux. Elle trouvait cela injuste. Évidemment que les déreglements climatiques à l'origine de cette catastrophe étaient dus à l'activité humaine. Plus personne ne remettait ça en question aujourd'hui. Mais depuis, les modes de production avaient changé. Les énergies produites ne rejetaient même pas le centième des déchets d'alors. Elle se reprit, après tout ce n'était qu'une agora parmis des milliers. Mais elle en trouva vite une autre qui s'était transformée en terrain de guerre, la balance était par terre et les gens retranchés dans des maisons, qu'ils avaient dû programmées pour l'occasion. Dans une autre, un gourou prêchait sur l'estrade et la foule hypnotisée l'écoutait les yeux vides. Certaines avaient complètement dégénéré comme celle où la balance servait à peser des jeunes filles et des canards, elle ne chercha pas à comprendre. Après plusieurs heures à sauter d'une virtualité à l'autre, elle rentra chez elle, éreintée et malheureuse.

Il était quatre heure du matin, cette nuit du cinq août 2264 était particulièrement chaude, et A-ia n'arrivait pas à dormir. Trempée de sueur dans ses draps, elle se tournait et retournait dans son lit. À tel point que Marcus à côté d'elle fini par lui demander ce qu'elle avait. Elle avait l'impression de voir des chiffres et des couleurs se mélanger derrière ses paupières dès qu'elle fermait les yeux. Ça ne servait à rien d'essayer de dormir par cette chaleur. Elle se demandait si finalement le délai avant le vote n'était pas trop long. Ça virait à la guerre de tranchées. Elle avait beau essayer de diffuser les arguments les plus rationnels possible, ils étaient toujours déformés. Il fallait qu'elle change d'axe de communication. Elle voyait bien que la campagne qui avait le mieux marché en faveur de ses idées était la série de photos des cadavres après la montée des eaux. Elle ne voulait pas en arriver là, mais l'impact du visuel était très fort. Et même dans les agoras, idée qu'elle trouvait géniale même venant de leurs opposants, les gens ne prenaient pas la peine de lire les rapports qu'elle écrivait, de regarder dans le détail les graphiques qu'elle faisait circuler.

Elle et son équipe avaient donc décidé de créer des visuels « chocs » pour les agoras. Ils avaient conçu une série de paysages mettant en scène des gaspillages énergétiques ou des cas de pollution, qu'ils soient du fait de grandes entreprises ou de particuliers. A-ia avait trouvé les scenettes un peu caricaturales mais elles ne faisaient que mettre en exergue des données qu'ils avaient. L'avantage c'est que dans les agoras, les personnages des scenettes pouvaient interpeler directement les présents par leur pseudonyme puisque ceux-ci étaient obligatoires. Elle-même avait été un peu interloquée d'entendre soudainement « A-ia, est-ce que vous achetez des produits fabriqués à l'autre bout du monde ? ». Elle s'était arrêtée, et s'était sentie obligée de réflechir à la question, alors qu'elle l'avait écrite elle-même. Puis le personnage virtuel lui avait expliqué, données à l'appui, la perte d'énergie que ça représentait. C'était efficace, très efficace.

— Lou"a, il faut qu'on fasse quelquechose !
— Je suis d'accord mais quoi ?
— Et bien, nos hackers sont toujours là…
— Non Élia, cette fois c'est différent. Les affiches avec les cadavres, c'était grave. Les images étaient choquantes pour les plus jeunes, traumatisantes je dirais même. L'humanité commence tout juste à se relever de ce traumatisme, il n'était pas question que des fanatiques viennent remuer le couteau dans la plaie.
— Tu sais à l'école, ils les voient les images.
— Bien sûr, mais pas avant un certain âge, pas en si grande quantité et ils sont encadrés. Chaque image est expliquée, ils peuvent en parler avec leur professeur. Là on se retrouvait devant, comme ça, sans préparation. Même moi j'ai été choquée. Et qui plus est, jouer sur les peurs des gens n'est pas un processus correct dans le cadre d'une démocratie. On sait pertinemment que des gens qui ont peur ne raisonnent pas correctement. Donc oui là, je pense qu'il fallait faire intervenir notre équipe de hacker pour supprimer ces affiches.
— Je suis d'accord et en même temps, ces « PNJ » qui abordent les gens en plein débat, par leur nom…
— Ce n'est pas leur nom c'est leur pseudo qui est utilisé.
— Certes, mais c'est pareil, la plupart des gens utilisent le même pseudo partout et y sont tellement habitués que ça devient un nom. Ce que je veux dire c'est que, pour moi, c'est le même genre de procédé : quand on est interpellé par son nom, on s'arrête. Et quand on s'est arrêté on va au moins réflechir à la question posée. C'est la technique du pied dans la porte : une fois qu'on a répondu à la question, et bien on se sent obligé d'écouter les explications du type.
— C'est pas très honnête je le reconnais mais de là à pirater le système pour les enlever ?
— Tu te bats depuis le début pour que le débat soit le plus ouvert et le plus démocratique possible. Et puis ce sont tes agoras après tout !
— Je sais plus quoi penser, Élia, j'ai l'impression que quoi que je fasse, ça vire à la propagande et à la polémique plus qu'à l'argumentation.
— Allez perds pas espoir, tu t'es trop battue pour abandonner maintenant.

Lou"a se blottit dans les bras de sa sœur, comme quand elle était petite. Dans deux mois, tout ça serait fini.

Les derniers mois avant le vote avaient été très tendus. Le Comité Ejecutívo Mundial avait été obligé de faire intervenir la police dans les agoras et d'en fermer certaines. Depuis quelques jours la plupart des réseaux étaient coupés pour permettre d'apaiser un peu les tensions. Mais les propagandistes en tout genre avaient investit les rues, puisqu'on leur interdisait les espaces virtuels.

Assises dans leurs canapés, elles attendaient le résultat, une boule au ventre. Au bout de seulement quelques minutes, elles se levèrent incapables de rester en place. Qu'est-ce qu'elles feraient ensuite ? Elles avaient passé une année intense, elles avaient tout donné pour ce vote, tout allait s'arrêter comme ça ? Et si le résultat n'était pas bon ? Leurs convictions n'avaient pas varié. Pour autant, est-ce qu'elles pourraient se plier au résultat ? C'était le jeu de la démocratie, mais… Et si… Les questions se bousculaient mais une en particulier leur revenaient tout le temps : est-ce que le vote était vraiment démocratique ? Avec toute la propagande qui avait circulé, et elles en avaient produit aussi, elles n'étaient pas convaincues que les gens avaient pu faire un « vote libre et éclairé ».

Les résultats s'affichèrent sur son mur… Elles prirent en grande inspiration, le combat ne faisait que commencer.

FIN

Mlle Ellute

Author: Mlle Ellute

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