Le temps d'être citoyen

7 billets! En un an, depuis mai dernier, j'ai écrit sept billets, et un seul « gros billet »[1]. Ce n'est pas beaucoup, c'est même très peu si on compare au nombre de sujets qui me sont passés par la tête en un an. C'est encore moins si on compare au nombre de sujets qui auraient mérités d'être traités, et c'est frustrant quand on sait que pour un billet que je n'ai pas écrit il y a aussi des mails que je n'ai pas envoyés, des actions que je n'ai pas faites. Du coup, je relance ce blog avec cette question : « Pourquoi si peu ? ».
La première partie de la réponse est que j'ai un peu galéré avec le billet sur les brevets et le droit d'auteur : j'ai eu du boulot pour l'écrire[2], une fois écrit j'ai eu besoin d'une pause, mais surtout j'ai beaucoup de mal pour écrire la suite; tellement de mal qu'elle est toujours pas écrite. Mais bon ça c'est la réponse pas intéressante à mon avis. Celle qui m'intéresse est celle que je fait tout le temps, à tout le monde : « J'ai pas le temps ». Il est terrible vous ne trouvez pas ce « J'ai pas le temps » lâché comme ça, l'air de rien, comme l'excuse bateau, qu'on répète à longueur de journée sans même se demander : « Mais au fait pourquoi je n'ai pas le temps ? ».

Le temps qu'on a

A-t-on du temps ?

C'est cette question du temps dont je veux parler aujourd'hui. Et plus particulièrement du temps pour faire ce que j'appellerai « être citoyen ».
J'évacue tout de suite la question de la gestion de l'organisation et des priorités. On parle ici de la vie réelle pas d'un truc pondu par des mecs super forts qui ont tout plein réfléchi. Dans la vie réelle, en tout cas dans la mienne, on ne fait pas des listes avec « jouer avec les enfants, se faire une rando entre potes, faire l'amour avec son homme, penser à réfléchir, être citoyen, … » et ensuite on classe tout ça, on met des priorités et on range ça dans l'agenda. Donc on oublie tout de suite l'organisation et les priorités ça nous fera des vacances. La question que je veux poser aujourd'hui est la suivante : « Quel est le temps dont dispose un citoyen aujourd'hui pour être un citoyen ? Pour s'impliquer dans la politique ? » Et je ne parle évidemment pas de la politique qu'on voit à la télé mais de la vie de la cité.
Réponse : aucun.
Vous allez me dire que j'exagère, on ne travaille quand même pas 70 heures par semaine — enfin pas tout le monde — le soir, le week-end, on peut faire des trucs. Bon déjà, je sais pas si vous avez remarqué mais le soir, on est fatigué, j'y reviendrai, et les week-end ça passe super vite. C'est d'ailleurs pas complètement un hasard si la sortie de ce billet tombe pendant un week-end de cinq jours. Alors oui c'est comme ça que fonctionne notre société aujourd'hui : on dispose de nos week-end, et de nos soirées. Ça laisse en gros le temps de s'investir un peu dans une association ou deux, de lire les journaux, d'apercevoir les projets de loi les plus importants, ceux qui passent à la télé 10 fois par jour, et, le moment venu, de mettre un bulletin dans l'urne en sachant grosso modo ce que pense le type pour qui on vote et en espérant qu'il pense bien ce qu'il dit et qu'il fera bien ce qu'il pense[3]. Ça c'est dans le cas moyen plus, dans le meilleur des cas on tombe sur des gens hyper-investis qui passent leurs soirées, leurs week-end, leur vie pour défendre leurs idées, c'est très bien, mais faut un sacré courage, dans le pire des cas, on a des gens qui ont la tête dans le guidon et qui savent déjà pas comment payer le loyer et nourrir les enfants, alors la citoyenneté vous comprendrez que ce soit pas dans leurs plans.
« Et alors ça te suffit pas ? » — me répondrez-vous[4]. Et bah non ça me suffit pas. Parce que, à mon humble avis, ça ne suffit pas à faire une démocratie.

Du temps pour faire quoi ?

Et avant même de ne pas suffire, je trouve que c'est un peu dangereux. Parce qu'on se retrouve, de fait, avec des gens dont c'est le boulot à temps plein de s'occuper de la politique, d'organiser la cité, de voter les lois, etc.. Alors forcément ils ont plus de temps pour se plonger dans les sujets importants[5]. Mais d'une part on se doute bien que même comme ça ils ne peuvent pas tout maîtriser, d'autre part on se demande si au bout d'un moment ils n'ont pas un peu trop la tête dans le guidon et s'ils ne déconnectent pas de ce qui se passe autour d'eux.
Mais indépendamment des défauts de nos députés et élus divers, j'ai le sentiment que dans une démocratie, un citoyen ordinaire devrait avoir la possibilité, d'explorer à fond le ou les sujets qui l'intéressent. Évidemment tout le monde ne serait pas expert sur tout, mais à un peu moins de 50 millions d'électeurs en France[6] on se dit qu'on doit arriver à maîtriser un certain nombre de sujets. Et quand on s'intéresse à un sujet, et qu'on en a marre d'entendre toujours les mêmes gens rabâcher les mêmes choses, sans forcément beaucoup d'arguments derrière, on se dit qu'on aimerait bien pouvoir chercher l'information, la recouper, l'organiser, se faire une idée propre, puis aller voir son député et lui dire : « Voilà, j'ai réfléchit, je pense que ça et ça, et j'ai tout ça d'argument derrière moi ».
Bien sûr tout le monde n'a peut-être pas envie de faire ce travail là et de s'impliquer autant mais je suis sure qu'il y aurait beaucoup plus de gens qui le ferait si on leur en laissait le temps. Et quand je dis laisser le temps, c'est laisser vraiment le temps. Je ne sais pas quelles pourraient être les modalités exactes, mais on pourrait très bien imaginer un temps sur le temps de travail avec des locaux où les gens pourraient se réunir pour débattre, ou faire des recherches sur internet, ou inviter des scientifiques, économistes, experts divers et variés. Bref je pense que le moyen de le faire on trouvera toujours. Ce qui manque surtout, à mon avis, c'est la volonté politique[7] de le faire.
Car il y a quand même deux questions qui me tarabustent. Tout d'abord, depuis un siècle[8], on développe, à un rythme de plus en plus soutenu, des machines, qu'elles soient mécaniques, électroniques ou même quantiques, pour augmenter notre productivité. Pourquoi est-ce que dans le même temps on n'a pas trouvé le moyen d'augmenter le temps de citoyenneté ? Pourquoi est-ce qu'on s'est arrêté à augmenter le temps de loisirs, ce qui est déjà une très bonne chose, mais on aurait pu continuer dans la même veine et donner du temps pour autre chose que les loisirs, on ne l'a pas fait. Deuxième question : il y a je-ne-sais-même-plus-combien de chômeurs en France — Je vous renvoie vers Vidberg il les a comptés — à côté de ça il y a des gens qui n'ont jamais le temps. Comment se fait-il qu'on n'ait pas trouvé le moyen d'équilibrer la balance ?.

Évidemment la réponse à ces questions demanderait un peu plus qu'un billet, et en plus je ne l'ai pas, ou pas en entier en tout cas. Mais quand même je vous invite à vous les poser. Et à proposer vos éléments de réponse si vous en avez.

Le temps disponible

Non non partez pas c'est pas fini. Il y a un autre sujet, très lié, dont je voulais parler. Évidemment sous la forme d'une autre question : « Pourquoi, même lorsqu'on a un peu de temps[9], il est difficile de se prendre par la main et de se dire, par exemple, bon allez, aujourd'hui je regarde c'est quoi cette histoire de brevet ».
Il y a deux petites réflexions, parfaitement anodines, que je me suis faites récemment. Tout d'abord quand je rentre chez moi, le soir, et bah j'ai pas envie. J'ai déjà réfléchi pas mal pendant la journée, j'ai plus de neurones actifs[10]. Ensuite, il y a des fois où je suis saturée d'informations. Exemple si je prend la radio et mes mails des derniers jours j'ai dans la catégorie trucs graves pour lesquels j'ai envie de faire quelque chose : l'Accord National Interprofessionnel, l'usine de textile au Bengladesh qui s'est écroulée, les requins qui sont toujours en voie de disparition, TAFTA, la protection de notre vie privée, une émission d'arrêt sur image avec un mec que visiblement sa conscience ne taraude pas trop,... Et à ça il faut ajouter tous les trucs dont on nous abreuve et dont on se fout complètement. Il y a des jours ça fait trop.

Dans ma petite tête, j'ai résumé ça par le fait que même quand je suis physiquement disponible, mon cerveau lui ne l'est pas. C'est ce que certains appellent le « temps de cerveau disponible » et que les publicistes et experts de la télé s'arrachent. Et c'est là que ça commence à faire peur car il y a des gens dont c'est le métier de s'accaparer votre temps de cerveau disponible. Je ne sais pas si vous avez lu Fahrenheit 451, mais ce qui m'a fait peur dans ce livre, peut-être plus que la destruction des livres, c'est la destruction de la capacité de penser par soi-même en abreuvant en permanence les gens d'informations[11]. Ceci les empêche complètement de réfléchir par eux-même. Ce système a l'avantage sur un Big Brother à la Georges Orwell, d'être beaucoup plus pernicieux. Il n'y a pas besoin d'un grand dictateur à la tête qui surveille tout et détruit tous ceux qui le gêne. Il y a « juste », d'un côté des gens qui veulent faire de l'argent, et de l'autre des gens qui regardent la télé, activité inoffensive s'il en est, et qui ne se rende pas compte qu'ils n'ont plus le temps de rien.

Un peu d'optimisme

Je ne veux pas conclure sur une note pessimiste non plus. D'abord on n'en est pas là, quand même, ce que j'évoque est, à mon avis, une dérive extrême; ensuite rien ne nous empêche d'arrêter ça. Il suffit de faire attention à son temps de cerveau disponible. C'est plus facile à dire qu'à faire mais c'est un premier pas. Par contre je pense que ce ne sera pas suffisant si on veut une vraie de vraie démocratie telle que j'en parlais au début de l'article. Et du coup, je pense qu'en même temps qu'une réflexion sur la VIème République, ou sur le temps de travail, qui sont des sujets qu'on voit émerger de plus en plus, il faut une réflexion sur le temps de la citoyenneté, sur le temps qu'il faut pour être un citoyen impliqué.
C'est sûr, c'est pas pour tout de suite, mais il faut se battre et en attendant je vais essayer d'alimenter un peu plus ce blog, de continuer à lire et quand j'ai plus de neurones de faire du tricot mais ça ce sera pour de prochains billets.

Mlle Ellute.

Notes

[1] Ma dénomination personnelle pour les billets un peu à beaucoup techniques qui me demandent du travail en plus de l'inspiration

[2] parce qu'on dirait pas comme ça mais le Code de la Propriété intellectuelle ça se lit pas comme Harry Potter

[3] vous suivez ?

[4] promis un jour je fais un court de typographie sur les différents tirets, d'ici là j'essaye de pas trop me planter

[5] ou pas, mais c'est un autre débat

[6] Source : INSEE

[7] Et pour le coup je parle bien des politiciens qu'on voit à la télé

[8] voire depuis plusieurs millénaires

[9] Parce que quand même des fois ça m'arrive

[10] Pour les puristes : ceci est une métaphore et non une assertion scientifiquement exacte

[11] Je dis information dans un sens très général d'entrées venant des yeux ou des oreilles et arrivant jusqu'au cerveau

Mlle Ellute

Author: Mlle Ellute

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Commentaires (3)

bizu bizu ·  15 mai 2013, 22:13

Voici un texte de Pierre DAC :

MODELE DE LETTRE à envoyer pour s'excuser de ne pas écrire

       Monsieur (ou) Madame,
       ou "Monsieur et Madame",
       ou "Chère vieille gamelle de chose"
   Je viens, par la présente, m'excuser très sincèrement de l'impossibilité dans laquelle je me trouve présentement de vous écrire le moindre mot ; chaque jour je remets à plus tard le soin de vous envoyer de mes nouvelles et m'inquiéter des vôtres : je n'y parviens pas ; les affaires, les ennuis, les rendez-vous, etc., bref, je ne peux trouver une minute de tranquillité pour remplir à votre intention la valeur même d'une demi-page.
   J'espère que vous ne m'en tiendrez pas rigueur. De votre côté, s'il ne vous est pas possible de m'écrire, veuillez avoir l'obligeance de me le faire savoir au plus tôt par lettre.
   Encore une fois, toutes mes excuses pour mon silence, et croyez à tout ce que voudrez croire.
                               (Signature)

Post-scriptum. - Il n'y en a pas.

Piyou Piyou ·  15 mai 2013, 22:24

oui, et en plus les neurones actifs, ils fatiguent plus vite avec l'âge :-)

on voit des conférences organisées sur des sujets divers, plus qu'auparavant il me semble, mais c'est souvent le soir, pas toujours facile de ressortir, et une conférence, ça reste centré autour du conférencier.

elbereth elbereth ·  17 mai 2013, 11:50

Interessant sujet que celui-la :) !

Je ne vois pas comment "reequilibrer la balance" entre les chomeurs et ceux qui ont pas le temps, on a deja essaye de creer plus d'emplois en reduisant le temps de travail et ca ne marche pas, en tout cas pas pour les petites structures ( j'en ai dans la famille et je vois comme ils galerent, les 35 heures pour une PME c'est l'horreur absolue a gerer alors reduire davantage le temps de travail pour du temps de citoyennete je ne pense pas que cela soit possible ). Le probleme tient principalement au fait que pour embaucher plus il faut avoir les moyens financiers de le faire, et dans un pays de PME a la fiscalite des entreprises elevee c'est juste pas possible. En tout cas, pas de cette facon la.

Ajoute a cela qu'une grande partie des gens n'en a rien a faire de la politique, abrutis et defaitistes qu'ils sont , grace au JT (deprimant) et aux emissions de telerealite (affligeantes de stupidite).

Ils ne croient plus dans les hommes et femmes politiques de quelque parti que ce soit ("tous pourris !"), et surtout, et c'est la que c'est important, ils ne croient plus qu'ils puissent y changer quelque chose.

Bref, le Francais est demoralise, tant on lui montre le verre a moitie vide. Et l'effet pernicieux c'est que celui qui veut aller de l'avant, qui veut changer les choses, est vu au mieux comme un idealiste, au pire comme un "bobo hippie ecolo-de-gauche qui ne connait rien a la vie et qui nous fait chier avec ses salades". Le fataliste te dira : " je ne suis pas fataliste je suis realiste" , et le pire, c'est qu'il y croit.

Pour que les gens s'impliquent en politique il leur faut plus que du temps, il leur faut surtout de la motivation. Ils faut qu'ils croient a leurs actions, qu'ils se sentent ecoutes aussi. Il faut qu'ils comprennent que ce n'est pas un colibri tout seul qui eteindra l'incendie, mais tous les animaux de la foret, ensemble, et qu'il n'y a rien a perdre a essayer. ( je fais reference a ce conte la : http://colibri91.net/colibri.html )

Quand on a la motivation, on trouve le temps.

Il y a beaucoup de choses qui ne vont pas, le secret pour s'en sortir c'est de voir des opportunites la ou au premier regard on ne voit que des inquietudes. Il y a de l'espoir, les choses changent, lentement mais surement. Internet y joue un role essentiel, d'ou l'importance de le preserver.

J'ai choisi de voir le verre a moitie plein. De temps en temps je participe a des petitions et campagnes d'emailing, je partage mes idees sur les reseaux sociaux, que ca plaise ou non. Je consomme bio et dans la mesure du possible local, j'essaie de favoriser les petits commerces. J'ai une jardiniere 100% bio et je lutte contre les parasites a la pince a epiler :D. C'est peu, mais je fais ma part de colibri.

Avec ton blog, meme si tu l'alimentes peu, tu fais aussi ta part.

"Celui qui se bat peut perdre, celui qui ne se bat pas a deja perdu" (Anna Gavalda je crois)

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bizu bizu ·  15 mai 2013, 22:13

Voici un texte de Pierre DAC :

MODELE DE LETTRE à envoyer pour s'excuser de ne pas écrire

       Monsieur (ou) Madame,
       ou "Monsieur et Madame",
       ou "Chère vieille gamelle de chose"
   Je viens, par la présente, m'excuser très sincèrement de l'impossibilité dans laquelle je me trouve présentement de vous écrire le moindre mot ; chaque jour je remets à plus tard le soin de vous envoyer de mes nouvelles et m'inquiéter des vôtres : je n'y parviens pas ; les affaires, les ennuis, les rendez-vous, etc., bref, je ne peux trouver une minute de tranquillité pour remplir à votre intention la valeur même d'une demi-page.
   J'espère que vous ne m'en tiendrez pas rigueur. De votre côté, s'il ne vous est pas possible de m'écrire, veuillez avoir l'obligeance de me le faire savoir au plus tôt par lettre.
   Encore une fois, toutes mes excuses pour mon silence, et croyez à tout ce que voudrez croire.
                               (Signature)

Post-scriptum. - Il n'y en a pas.

Piyou Piyou ·  15 mai 2013, 22:24

oui, et en plus les neurones actifs, ils fatiguent plus vite avec l'âge :-)

on voit des conférences organisées sur des sujets divers, plus qu'auparavant il me semble, mais c'est souvent le soir, pas toujours facile de ressortir, et une conférence, ça reste centré autour du conférencier.

elbereth elbereth ·  17 mai 2013, 11:50

Interessant sujet que celui-la :) !

Je ne vois pas comment "reequilibrer la balance" entre les chomeurs et ceux qui ont pas le temps, on a deja essaye de creer plus d'emplois en reduisant le temps de travail et ca ne marche pas, en tout cas pas pour les petites structures ( j'en ai dans la famille et je vois comme ils galerent, les 35 heures pour une PME c'est l'horreur absolue a gerer alors reduire davantage le temps de travail pour du temps de citoyennete je ne pense pas que cela soit possible ). Le probleme tient principalement au fait que pour embaucher plus il faut avoir les moyens financiers de le faire, et dans un pays de PME a la fiscalite des entreprises elevee c'est juste pas possible. En tout cas, pas de cette facon la.

Ajoute a cela qu'une grande partie des gens n'en a rien a faire de la politique, abrutis et defaitistes qu'ils sont , grace au JT (deprimant) et aux emissions de telerealite (affligeantes de stupidite).

Ils ne croient plus dans les hommes et femmes politiques de quelque parti que ce soit ("tous pourris !"), et surtout, et c'est la que c'est important, ils ne croient plus qu'ils puissent y changer quelque chose.

Bref, le Francais est demoralise, tant on lui montre le verre a moitie vide. Et l'effet pernicieux c'est que celui qui veut aller de l'avant, qui veut changer les choses, est vu au mieux comme un idealiste, au pire comme un "bobo hippie ecolo-de-gauche qui ne connait rien a la vie et qui nous fait chier avec ses salades". Le fataliste te dira : " je ne suis pas fataliste je suis realiste" , et le pire, c'est qu'il y croit.

Pour que les gens s'impliquent en politique il leur faut plus que du temps, il leur faut surtout de la motivation. Ils faut qu'ils croient a leurs actions, qu'ils se sentent ecoutes aussi. Il faut qu'ils comprennent que ce n'est pas un colibri tout seul qui eteindra l'incendie, mais tous les animaux de la foret, ensemble, et qu'il n'y a rien a perdre a essayer. ( je fais reference a ce conte la : http://colibri91.net/colibri.html )

Quand on a la motivation, on trouve le temps.

Il y a beaucoup de choses qui ne vont pas, le secret pour s'en sortir c'est de voir des opportunites la ou au premier regard on ne voit que des inquietudes. Il y a de l'espoir, les choses changent, lentement mais surement. Internet y joue un role essentiel, d'ou l'importance de le preserver.

J'ai choisi de voir le verre a moitie plein. De temps en temps je participe a des petitions et campagnes d'emailing, je partage mes idees sur les reseaux sociaux, que ca plaise ou non. Je consomme bio et dans la mesure du possible local, j'essaie de favoriser les petits commerces. J'ai une jardiniere 100% bio et je lutte contre les parasites a la pince a epiler :D. C'est peu, mais je fais ma part de colibri.

Avec ton blog, meme si tu l'alimentes peu, tu fais aussi ta part.

"Celui qui se bat peut perdre, celui qui ne se bat pas a deja perdu" (Anna Gavalda je crois)

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