Fête de l'Huma : Coup de gueule et coup de coeur

Je vais inaugurer aujourd'hui une nouvelle catégorie de billets : "les billets du TrollDi". J'ai piqué l'expression à Linux.fr. Mon idée étant de faire un billet par semaine, mais d'abord je ne sais pas quel jour ce sera, ensuite c'est pas dit que ce soit vraiment toutes les semaines donc voilà le TrollDi m'a paru un bon jour. Ce seront des billets plutôt courts[1] pour donner mes impressions sur un événement ou autre qui m'a marqué dans la semaine[2], pas de documentation, d'annexes de 40 pages ni d'explications compliquées. Juste quelques mots pour se fâcher ou se faire plaisir c'est selon.

Pour ce premier billet, je voulais faire un petit retour sur la Fête de l'Huma où j'étais ce week-end. Tout d'abord, il y a beaucoup de choses à la fête, des concerts, des débats, des stands divers et variés. On a très bien mangé, un peu bu, un peu fait la fête. Je vais pas vous donner tous les détails, mais il y a quand même 2 choses, une bonne une mauvaise forcément, qui m'ont un peu marquées et dont je voulais vous parler.
Je commence par la mauvaise histoire de finir sur une bonne note: quand j'avais regardé le programme j'avais vu quelque chose intitulée «Planète numérique», vous l'aurez remarqué c'est un sujet qui m'intéresse. Je me dit chouette on va aller faire un tour. En plus c'est à côté du village du livre donc pas possible de le louper[3]. Nous arrivons donc devant le village du livre, déjà le Planète Numérique est pas complètement évident à identifier si on n'a pas le plan, on trouve quand même et là stupeur 2 stands qui se battent en duel[4] : Orange et le Ministère de la Culture et basta!! Où sont passées FDN, l'APRIL, La Quadrature du Net, et autres que j'avais rencontrées il y a quelques années. Ça fait certes longtemps que je n'étais pas venu mais enfin le sujet est loin d'être clos aujourd'hui. Renseignements pris cela fait 2 ans qu'il n'y a plus de «Village du libre» sur la Fête. Il y a peut-être une explication rationnelle à cela mais tout de même, la Fête est un lieu de débats, de rencontre, de discussions sur la liberté, la citoyenneté, tout ça quoi. Et vous m'excuserez mais discuter logiciel libres, neutralité du net, etc, avec pour seul interlocuteur Orange ... Alors oui j'aurais pu aller chercher la petite bête et demander aux gens d'Orange ce qu'ils pensaient de la neutralité du net et à ceux du Ministère de la Culture quand est-ce que le gouvernement abrogeait HADOPI. J'ai vaguement tenté une approche mais visiblement ils n'étaient pas là pour ça et ça n'aurait pas mener très loin. Bref ça m'a énervée et j'ai lâché l'affaire.
Donc voilà, grosse déception. Du coup je suis bien décidée à contacter l'organisation de la Fête pour comprendre pourquoi cette absence. Si quelqu'un à un nom et un mail ou numéro de téléphone je prend.

Bon, à part ça je suis contente de cette fête. On a circulé un peu parmi les stands, et c'est vrai que ça discutait pas mal politique. Avec comme sujet principal le futur traité Européen, dit traité Merkel-Sarkozy. On a écouté quelques débats assez intéressants et l'un d'eux m'a particulièrement plu. Il s'agissait d'un débat sur le thème de la démocratie. Il y avait 4 intervenants, Jean-Paul Delevoye du CESE, Jean-Pierre Dubois de la Ligue des Droits de l'Homme et 2 autres (une femme et un homme) dont j'ai oublié les noms je les prie de m'excuser. Je ne vais pas faire ici un compte-rendu détaillé mais il y a eu pas mal de choses intéressantes de dites qui méritent d'être creusées. Le temps impartit était trop court évidemment pour que chacun puisse développer complètement donc il s'agissait surtout de lancer des idées et il y a eu des bonnes idées de lancées. En vrac:

  • On ne peut pas avoir une vraie démocratie tant qu'il n'y a pas aussi démocratie dans les entreprises
  • Il y a un gros problème avec le fait de donner carte blanche aux élus pendant leur mandats, il devrait y avoir des moyens de contrôle entre les élections, ce qui permettrait d'une part de contrôler, d'autre part d'impliquer plus les citoyens dans la politique
  • N'est-ce pas un problème que les gens qui décident quelles sont les institutions en place soient ceux qui sont mis au pouvoir par ces mêmes institutions, peuvent-ils avoir le courage de les changer.
  • Il y a un problème de représentativité des élus
  • C'est dingue qu'on soit le seul pays à avoir créé une monarchie élective

Voilà, pas mal d'idées un peu en vrac dans lesquelles il faut que je mette de l'ordre pour savoir ce que j'en pense. Surtout que viennent s'y ajouter d'autres notions introduites pas une interview d'Etienne Chouard que j'ai vu récemment. C'est un sujet complexe mais passionnant et évidemment très important. Seul bémol, il n'y pas eu assez de temps pour que le public puisse poser beaucoup de questions, ce qui est un peu dommage vu le sujet du débat. C'était d'ailleurs l'objet d'une des 2 interventions autorisées.

Voilà donc pour ce premier billet du TrollDi, je finirai quand même par le conseil suivant: la Fête de l'Huma c'est mieux en vrai, n'hésitez pas à y aller l'année prochaine, et je vous tiens au courant si j'arrive à les convaincre qu'il faut remettre un village du libre.

Notes

[1] si si je vous jure

[2] ou celle d'avant, ou le mois d'avant, hein faudra pas être trop sévère

[3] le village du livre pour moi c'est un peu comme les fruits pour Tantale : y'en a plein et je sais que je peux pas tous les acheter

[4] C'est une image bien sûr même si c'est dommage ça aurait pu être rigolo

Mlle Ellute

Author: Mlle Ellute

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Commentaires (4)

Piyou Piyou ·  20 septembre 2012, 22:56

Alors qu'avec un nouveau gouvernement, qu'on espère plus réceptif, ça devrait être le moment de réflexion, de propositions de lois sur le sujet. Voir la conférence de Benjamin Bayart sur sa liste de course aux députés: passionnant,il aborde pleins de sujets; avec arguments, exemples et propositions de loi. (http://lacantine.ubicast.eu/videos/...)

Une réflexion que je me faisais récemment au sujet du libre, je trouve qu'on entend moins parler. Un bon signe car ça veut dire que le libre a fait son trou, auprès des professionnels, du public ? ou au contraire un moins bon signe parce que pour aller plus loin cela va être beaucoup plus difficile car il va falloir remettre en cause plus de monde, y compris les politiques, qui n'ont pas forcément envie d'être très secoués.

Elbereth Elbereth ·  21 septembre 2012, 10:34

Chouette des news :) !

Bon j'avoue que j'ai rien compris au 3e point du debat interessant, peut-etre qu'il manque de la ponctuation.

C'est en effet bizzarre qu'il n'y ait plus de village du libre, surtout que l'abrogation d'hadopi etait un des themes de campagne, si jamais tu as des explications sur le pourquoi du comment ca m'interesse !

Pourquoi ne pas mettre aussi quelques photos pour rendre compte de l'ambiance :) ?

Jolie journee !

Mlle Ellute : J'ai en effet corrigé une grosse faute dans le 3ème point, je sais pas si c'est plus clair maintenant. Ce que l'orateur voulait dire (de ce que j'en ai compris) c'est que les gens qui auraient le pouvoir de modifier le fonctionnement de nos institution sont mis au pouvoir par ce fonctionnement et n'ont donc aucun intérêt à le modifier. Pour les photos, je n'en ai pas pris moi mais j'essaye d'en récupérer.

Christine Christine ·  27 septembre 2012, 17:31

Oui, "surprenant" qu'il n' y ait plus de village du Libre. Ou alors au contraire, je ne suis pas trop surprise vu la frilosité des politiques sur le sujet, et notamment les élus locaux. C'est vraiment dommage car il y a un vrai chantier à ouvrir: celui de la reprise en main des logiciels utilisés dans la gestion des communes, et ils sont nombreux.

Les compétences d'une commune ou d'une communauté urbaine sont définies par la loi (gestion de l'eau, des déchets, des écoles, de la voirie, de l'urbanisme...) Les communes et communautés urbaines ont donc des besoins très récurents en termes de logiciels métiers. Or actuellement les politiques (mais plus réellement les directeurs DSI) choisissent entre 2 options: faire développer un logiciel sur mesure par une boitre privée ou acheter un logiciel existant chez unéditeur.
Pourquoi une commune, ayant les moyens d'avoir sa propre DSI, ne développerait pas en interne et en libre, pour ensuite en faire bénéficier d'autres communes plus petites?
Cela demande évidemment d'avoir du personnel formé et en nombre suffisant.
Mais je suis convaincue que cela intéresserait beaucoup de jeunes développeurs de travailler dans un cadre comme celui-ci, innovant et créatif, d'avoir un vrai rôle social et reconnu dans la société.

Il y a un vrai enjeu derrière celui-ci, au delà des logiciels libres qu'on connait (LibreOffice, FireFox...) Le développement de logiciels adaptés, maîtrisés par les utilisateurs est un enjeu de démocratie dans les entreprises. Beaucoup trop de salariés ne maîtrisent plus leur propre outil de travail.

Pour moi, développer en libre c'est , quelque part, remettre l'utilisateur du logiciel au coeur de son métier.

Mlle Ellute : Très intéressant comme remarque, il y aurait même des billets à écrire sur le sujet un de ces jours

Christine Christine ·  27 septembre 2012, 17:33

J'ai oublié un commentaire sur "Ce seront des billets plutôt courts" :

:-))))

Mlle Ellute : Il est plutôt court comparé à d'autre...

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Piyou Piyou ·  20 septembre 2012, 22:56

Alors qu'avec un nouveau gouvernement, qu'on espère plus réceptif, ça devrait être le moment de réflexion, de propositions de lois sur le sujet. Voir la conférence de Benjamin Bayart sur sa liste de course aux députés: passionnant,il aborde pleins de sujets; avec arguments, exemples et propositions de loi. (http://lacantine.ubicast.eu/videos/...)

Une réflexion que je me faisais récemment au sujet du libre, je trouve qu'on entend moins parler. Un bon signe car ça veut dire que le libre a fait son trou, auprès des professionnels, du public ? ou au contraire un moins bon signe parce que pour aller plus loin cela va être beaucoup plus difficile car il va falloir remettre en cause plus de monde, y compris les politiques, qui n'ont pas forcément envie d'être très secoués.

Elbereth Elbereth ·  21 septembre 2012, 10:34

Chouette des news :) !

Bon j'avoue que j'ai rien compris au 3e point du debat interessant, peut-etre qu'il manque de la ponctuation.

C'est en effet bizzarre qu'il n'y ait plus de village du libre, surtout que l'abrogation d'hadopi etait un des themes de campagne, si jamais tu as des explications sur le pourquoi du comment ca m'interesse !

Pourquoi ne pas mettre aussi quelques photos pour rendre compte de l'ambiance :) ?

Jolie journee !

Mlle Ellute : J'ai en effet corrigé une grosse faute dans le 3ème point, je sais pas si c'est plus clair maintenant. Ce que l'orateur voulait dire (de ce que j'en ai compris) c'est que les gens qui auraient le pouvoir de modifier le fonctionnement de nos institution sont mis au pouvoir par ce fonctionnement et n'ont donc aucun intérêt à le modifier. Pour les photos, je n'en ai pas pris moi mais j'essaye d'en récupérer.

Christine Christine ·  27 septembre 2012, 17:31

Oui, "surprenant" qu'il n' y ait plus de village du Libre. Ou alors au contraire, je ne suis pas trop surprise vu la frilosité des politiques sur le sujet, et notamment les élus locaux. C'est vraiment dommage car il y a un vrai chantier à ouvrir: celui de la reprise en main des logiciels utilisés dans la gestion des communes, et ils sont nombreux.

Les compétences d'une commune ou d'une communauté urbaine sont définies par la loi (gestion de l'eau, des déchets, des écoles, de la voirie, de l'urbanisme...) Les communes et communautés urbaines ont donc des besoins très récurents en termes de logiciels métiers. Or actuellement les politiques (mais plus réellement les directeurs DSI) choisissent entre 2 options: faire développer un logiciel sur mesure par une boitre privée ou acheter un logiciel existant chez unéditeur.
Pourquoi une commune, ayant les moyens d'avoir sa propre DSI, ne développerait pas en interne et en libre, pour ensuite en faire bénéficier d'autres communes plus petites?
Cela demande évidemment d'avoir du personnel formé et en nombre suffisant.
Mais je suis convaincue que cela intéresserait beaucoup de jeunes développeurs de travailler dans un cadre comme celui-ci, innovant et créatif, d'avoir un vrai rôle social et reconnu dans la société.

Il y a un vrai enjeu derrière celui-ci, au delà des logiciels libres qu'on connait (LibreOffice, FireFox...) Le développement de logiciels adaptés, maîtrisés par les utilisateurs est un enjeu de démocratie dans les entreprises. Beaucoup trop de salariés ne maîtrisent plus leur propre outil de travail.

Pour moi, développer en libre c'est , quelque part, remettre l'utilisateur du logiciel au coeur de son métier.

Mlle Ellute : Très intéressant comme remarque, il y aurait même des billets à écrire sur le sujet un de ces jours

Christine Christine ·  27 septembre 2012, 17:33

J'ai oublié un commentaire sur "Ce seront des billets plutôt courts" :

:-))))

Mlle Ellute : Il est plutôt court comparé à d'autre...

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