Admettre la liberté d'expression

Cela paraît évident, que la liberté d''expression est une liberté fondamentale et qu'il ne peut y avoir de véritable démocratie sans liberté d'expression. C'est écrit à l'article 11 de la déclaration des droits de l'homme de 1789, je vous le cite pour le plaisir :

La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté, dans les cas déterminés par la Loi.


Et pourtant voici une citation d'un député à l'assemblée nationale durant les débats sur HADOPI :

"Rendez-vous compte sur internet n'importe qui peut dire n'importe quoi"


Ce qui me parait être une bonne définition de la liberté d'expression. Cette citation est tirée de la conférence "Qui cherche à contrôler internet" (voir lien sur la page d'accueil) et je n'ai pas réussi à retrouver la citation exacte dans les comptes-rendus de l'assemblée mais en lisant différentes choses il s'avère que beaucoup de députés disent des choses similaires même si ce n'est pas aussi clairement formulé. Et pas que les députés : voici le lien vers une interview d'Alain Finkielkraut ... c'est mieux dit mais l'idée y est.

Alain Finkielkraut - Internet c'est n'importe quoi

Et pourtant je suis sure que si on demande à ces gens ce qu'il pensent de la liberté d'expression ils répondront "liberté fondamentale". Alors?

Alors je pense qu'Internet gène parce qu'il permet une liberté d'expression réelle; au sens où, non seulement tout le monde peut y dire ce qu'il veut («sauf à répondre de l’abus de cette liberté, dans les cas déterminés par la Loi»), mais en plus ce qu'il dit sera largement diffusé.
Donc évidemment quand on se promène au hasard sur Internet on trouve de tout … et le «n'importe quoi» de notre député.
De plus, je suis convaincue que, dans le cas des personnalités politiques, il y a le problème de la maîtrise de l'espace de parole. En effet, les politiques ne sont plus les seuls à pouvoir parler en public. Évidemment il n'y a pas que les politiques qui sont concernés mais aussi les journalistes, les représentants syndicaux ou associatifs et, de manière générale, tous ceux qui ont habituellement accès aux médias. Tous ces cas que je viens de citer nécessiteront des billets supplémentaires pour approfondir le sujet donc je passe pour l'instant; mais nous avons le «n'importe qui».

Je retiendrai, pour ce billet, qu'Internet permet une réelle liberté d'expression pour tout le monde avec un espace de diffusion mondial. Et c'est absolument nécessaire si on veut une démocratie à grande échelle.
Mais comme tout outil de liberté, Internet est en danger. Pour comprendre pourquoi, il faudra comprendre quels sont les éléments d'Internet qui permettent cette liberté d'expression : je vous donne donc rendez-vous au prochain billet.
Mlle Ellute.

Mlle Ellute

Author: Mlle Ellute

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